Le casque et la plume #10 : Harley-Davidson Knucklehead

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Propriétaire à moitié heureux depuis 3 mois d’un custom en pièces (mais toujours pas pour pièces, j’y crois encore), j’étais tout émoustillé par l’alléchante couverture de ce beau livre sur les Knucklehead. A défaut de pouvoir rouler sur mon chopper, vivons par procuration avec un bon bouquin !

Ce fut hélas une véritable déception. Greg Field, l’auteur, est de toute évidence un passionné absolu de ce modèle d’Harley Davidson. Et si je ne peux que saluer son remarquable travail de recherche autour de cette machine, il manque à cet ouvrage d’Histoire des histoires. Consciencieusement, il égrène les knucklehead année par année, détaillant chaque évolution de chaque vis chromée. Une structure chronologique et répétitive qui dessert invariablement son propos.

J’ai eu la sensation – plus frustrante que désagréable – de lire une sorte de revue technique commentée. Si faire le point sur les spécifications techniques de cette machine me paraît en effet inévitable quand on y consacre un ouvrage entier, il faut – à mon humble avis – savoir aussi sortir de temps en temps des considérations mécanico-esthétiques pour l’incarner, la faire vivre à travers des histoires humaines. Et ce d’autant plus quand l’on traite d’un modèle légendaire d’une marque mythique… Plutôt que de nous expliquer méticuleusement que « sur les compteurs sans totaliseur journalier, le totaliseur comporte six chiffres, cinq pour les unités (en caractère noir sur fond blanc) et un pour les dixièmes (en rouge sur fond blanc). Une barre et un écusson H-D noirs apparaissent après le totaliseur. Le verre est plat et le cercle de la lunette chromé » racontez-nous donc l’histoire de ceux qui ont essayé de le faire plafonner ce compteur !

Les illustrations, souvent sublimes dans ce type d’ouvrages, sont à l’image du texte : techniciennes. On imagine volontiers Greg Field avoir fait la tournée des collectionneurs pour « shooter » avec son appareil ces bijoux soigneusement lustrés. Là encore, on se sent frustré face au rendu : ces machines sont sublimes mais les clichés pâtissent d’un certain amateurisme que ce soit dans le cadrage ou la mise en lumière. Faiblesses qui sautent d’autant plus aux yeux sur des photographies souvent présentées en format A3… Quelques – trop rares – documents d’archives (publicités Harley, photographies d’époque) sont fort heureusement présentes. Là encore, je pense qu’il aurait été bien plus intéressant et « incarné » pour le lecteur de voir des images datant de l’époque des modèles évoqués plutôt que des photos actuelles de ces bécanes.

Nous sommes donc face un livre au sérieux et à l’implication de l’auteur irréprochables mais ce dernier s’adresse pour ainsi dire uniquement aux collectionneurs de ce modèle d’Harley Davidson. Ceux-ci y trouveront une mine d’informations pour restaurer au plus proche de l’origine leur moto.

Ceux qui souhaitent lire l’histoire de cette machine seulement « pour le plaisir » n’en prendront hélas… aucun.

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