Presque un an. Il nous a fallu presque un an pour préparer et réserver ce voyage pour aller voir le Manx GP 2019. L’idée a germé un soir de noël, où j’ai proposé à mon père d’y aller avec nous (mon chéri et un pote en plus). Mais ça, vous le savez déjà.

Vous savez aussi que la préparation des motos a été laborieuse et nous a tenu en alerte jusqu’à deux jours du départ pour l’île de Man. Mon père ayant fabriqué lui même ses supports valises, il n’avait pas pris le temps d’essayer en roulant voir si les soudures tenaient….

La NTV du papa

Mon chargement, lui, était prêt depuis longtemps. Mais j’ai passé une semaine à tout sortir, recontrôler, ranger, compter, revérifier… Surtout la trousse de secours et la trousse à outils.

Prête à avaler les km !

Vous savez aussi que le 29 juin, lors de la Portnawak race, mon chéri s’est fait percuter. Avec sa cheville et son poignet en vrac impossible pour lui de partir en vacances à l’Île de Man et encore moins en moto….

L’équipe s’amenuise et le jour du départ approche

On a RDV avec mon père au ferry à Cherbourg le Samedi 17 Août à 13h dernier délai. Décision prise de partir le jeudi 15 avec mon pote. Je n’ai jamais fait autant de kilomètres, ni en moto (ma CB n’ayant tenu que 200km sur le plus long trajet…) et encore moins avec ma toute nouvelle meule et chargée de deux valises de 35kg chacune, plus le top case et le matelas sanglé sur la selle…

Vendredi matin la météo est encore au beau fixe et j’enclenche le GPS pour rejoindre Avranches (ou alentours) dans la soirée. 5h30 de route de prévu toujours sur de petits axes. La diversion et la KTM 950 Adventure n’ayant pas la même capacité de réservoir ni la même conso, nous décidons de faire le plein tous les 190km. Passé Cholet voilà que nous nous retrouvons sur une nationale sans aucun village, ni aucun panneau nous indiquant la station la plus proche ! Mon GPS décide que c’est le moment de se mettre en surchauffe et s’éteint. Le compteur indiquant 200km commence à me mettre des sueurs froides… Première sortie, direction la première maison: « c’est où la station la plus proche ?! » Encore 8-10km, tout ça pour arriver à une station de supermarché avec 20 véhicules attendant à la SEULE pompe ouverte sur 5 ! Mais au moins, il y a de l’essence !

Nuit grand luxe ! Ou pas.

A 40km d’Avranches voilà que la pluie s’invite, on est équipé tout va bien. Le temps de la pause « enfilage de combi pluie » j’en profite pour contacter des gîtes et autres hôtel pour la nuit. Tout est complet ! Il est déjà 19h, la fatigue se fait sentir et le dernier appel est le bon: « J’ai qu’une chambre pour les randonneurs, on a un mariage au château, les douches sont collectives. » Pas grave, on prend !

….Chambre miteuse, draps limite moisi, pas de fenêtre, les douches étroites… Et le comble, pas de repas. Les cuistots sont partis ! Obligé d’aller au village d’à côté. Bref.

Une nuit passée la tête dans ma polaire pour éviter de sentir l’oreiller et aux premières lueurs du jour direction Cherbourg. Il ne nous reste que 40km pour rejoindre le quai, et mon père ! Lui est parti de la Drôme la veille pour faire une halte à Paris.

Enfin CHERBOURG après 850km de moto (j’en reviens pas moi-même mais je sais que nous n’en sommes pas à la moitié encore) ! Le bateau est à quai, nous avons 4h d’avance avant le début de l’embarquement. A peine 5 min de passées que voilà déjà une NTV qui klaxonne ! Le timing parfait ! Mon père s’est pris la pluie depuis Paris à 8h le matin :

  • « J’ai les mains mouillées je comprends pas !« 
  • « Papa, ce sont des gants été avec de nombreuses aérations sur les doigts… »

L’aventure commence !

Passé le temps des retrouvailles (je ne vois mes parents que 3 à 4 fois dans l’année) voilà qu’ils ont faim ! Par expérience je sais que je ne suis pas très en forme sur les bateaux et encore moins en ayant mangé une omelette et bu une Guiness (c’était le menu du jour).

Début de l’enregistrement. Enfin l’aventure ! Contrôle passeport, billets…. c’est parti ! On monte dans le Ferry. Nous sommes 3 motos seulement… Pas de places réservées à bord, on se cale dans des fauteuils à côté des boutiques dans le couloir… Mauvaise idée : nous avons passé la traversée à être em*** par un père anglais promenant ses jumelles en poussette avec le portable diffusant une musique de m*** pour les calmer (une des deux a passé le trajet à hurler). Comme nous étions censé arriver tard ce samedi en Angleterre, à Poole j’avais réservé l’hôtel en avance à Ferndown juste en périphérie, histoire de partir tôt le lendemain (oui il y a encore le ferry Angleterre/Ile de Man à prendre dans la nuit)

les trois bêtes

Sortie du Ferry on oublie pas : on roule à gauche ! Donc les ronds points, c’est dans le sens des aiguilles d’une montre, tu saisis ?

20h40 arrivée à l’hôtel : chicos. Une bonne douche chaude, un lit moooeelleux et une nuit réparatrice avant d’attaquer environ 500km pour chopper le dernier ferry à temps à Heysham.

Réveil Dimanche 18 août 7h chargement des motos et vérification des niveaux d’huile. Mon père a toujours son pneu lisse à l’arrière comme depuis 5ans environ. « J’ai changé l’avant pour venir ! » Oui papa c’est bien mais l’arrière aurait été aussi judicieux…

A peine partis que voilà qu’un mur d’eau s’abat, nous nous arrêtons en bord de voie rapide pour enfiler fissa les combis. Cette averse va durer de nombreux km, mettant mes nerfs à rude épreuve : il n’y a pas de caniveaux là-bas… La route se transforme rapidement en torrents par endroits, cela a été une épreuve pour moi surtout dans une descente à 20% en single track avec un PL en bas… Manquait plus que le kayak et c’était les gorges de l’Ardèche en hiver.

Je décide de m’arrêter sur le parking d’un pub dès la fin de la pluie pour souffler un peu. Il nous reste encore bien 300km et à ce rythme on n’y arrivera jamais. Surtout qu’il est… il est quelle heure papa ? Je sais pas j’ai perdu ma montre ! Une Sunnto achetée 11 ans auparavant manque à l’appel. Impossible de la retrouver même en sortant toutes les affaires de la sacoche réservoir dans laquelle elle est censé se trouver. J’appelle l’hôtel, rien. Mon père suppose qu’en sortant la combi de pluie la montre serait tombé au bord de la route à quelques 150km de là… On va croiser les doigts pour la retrouver en y passant au retour dans plus de 9 jours.

Second Ferry pour l’île de Man

18h enfin le quai à Heysham. C’est un port juste pour l’île de Man il n’y a personne. L’embarquement est prévu à 01h, la salle n’ouvre qu’à 22h alors on patiente au pub du coin (qui me fait penser au dernier pub avant la fin du monde : personne..) On refait les niveaux d’huile et je m’aperçois que je n’ai plus de boulon qui tient mon levier d’embrayage. Mon père me dépanne: j’ai carrément oublié d’en prendre ! Enfin l’heure du dernier ferry ! Il y a déjà plus de moto à bord, et on est garé les un dans les autres. Enfin valises contre valises, ou échappement, au choix !Le bateau n’est pas grand et il n’est pas plein, on va pouvoir dormir tranquille durant les 5 prochaines heures…. Que Neni ! On a passé toute la traversée à gueuler sur des anglais qui parlaient fort et surtout qui organisaient un combat de chien, enfin presque… Nous étions à côté de la cabine spéciale animaux de compagnie et un pauvre teckel a passé 5h à hurler sur un rottweiller…Et personne ne dit rien.

Définition du confort.

C’est avec de tout petits yeux que je suis monté sur le pont avec mon père assister au lever du soleil à l’approche de l’embarcadère de Douglas, et là, trop de fatigue, trop d’émotions. J’ai fondu en larmes. L’impression d’arriver chez moi, le lâcher prise du stress du voyage que je ne pensais jamais réussir !

Père et fille enfin à Douglas

Il est à peine 7h, nous rejoignons le camping juste en sortie de la ville. Le merveilleux couple qui s’en occupe n’ouvre qu’à 9h les enregistrements, des anglais déjà sur place nous invitent à nous installer. Je reprends la même place qu’en 2015, le long des arbres (on me remerciera plus tard, un jour de tempête : nous, bien à l’abri pendant que la moitié des tentes s’envolent autour de nous).

Emplacement stratégique.

Chacun sa chambre avec vue ! On enlève enfin les valises car nous resterons 1 semaine sur zone. Bon, et maintenant ? Direction les courses (alimentaires) et visite du paddock, et surtout aller finir de s’inscrire en tant que Marshal comme je l’avais fait pour le Manx en 2016. Des courses ont lieu ce jour à 18h.

Marshal sur le Manx GP !

Pour la première de mon père et mon ami, j’ai choisi un endroit où cela va passer relativement vite suivi d’un virage histoire qu’ils aient un aperçu de la semaine. Il nous est interdit de faire des photos pendant que nous sommes Marshal, car évidement nous avons une responsabilité pendant les roulages. Vous n’aurez donc pas la tête ahurie de mon père lors du passage des motos.. ^^

La session se passe sans encombre, nous retrouvons tard au paddock des amis français qui roulent pour la première fois.

Le lendemain nous ne sommes pas de « service » pour les essais, nous en profitons pour aller visiter l’île de Man, enfin une petite partie : la côte ouest et son château.

Château de Castletown

Pour le roulage du soir, nous avons nos réflexes. Sur l’île pour être bien installé il faut : des toilettes, de la bière, de la nourriture et de quoi s’asseoir dehors : un PUB quoi ! On part sur Kirk Michael, et nous trouvons le spot idéal !

On n’est pas bien là ?

De la bière, des chips, des frites et le tracé qui passe à 2m de nous en contrebas. Nous patientons jusqu’à la fermeture des routes, les oreilles rivées au poste radio du papy d’à côté.. Et voilà que 30min plus tard le verdict tombe : pas de roulage. Il y a du brouillard sur la montagne… Dépités, nous achetons quelques cidres et rejoignons le paddock histoire d’aller voir les pilotes. Tout le monde est déçu, mais on se rabat sur l’apéro ! Mon père commence à fatiguer (il ne dort pas bien la nuit avec une main qui le fait souffrir) il décide de nous laisser et part rejoindre la douche chaude et sa tente.

Avec Romain, nous allons saluer un ami pilote Danois avant de rejoindre aussi le camping. Là… Pas de NTV au terrain, pas de papa à la tente et les anglais voisins ne l’ont pas vu... Je commence limite à paniquer. Je me gare, très mal et voilà qu’en béquillant je m’étale de tout mon long ( avec la moto) par terre… C’était le truc de trop je commence vraiment à paniquer ! Romain repart vers le centre ville tandis que je pars à pied avec une lampe torche dans la campagne (je ne sais pas trop si c’est utile mais bon)

5 minutes plus tard arrivent deux motos… Mon père : « En sortant du paddock je suis parti à gauche (au lieu de prendre à droite) et, arrivé à la mer, je me suis dit que c’était pas la bonne direction… Pourquoi tu pleures ? On est sur une île que veux-tu qu’il m’arrive ? »

C’est pas faux… On est attrapé par les anglais de la tente à côté pour un apéro qui se finira tard dans la nuit ou tôt le matin, à voir…

Sortie touristique

Le lendemain, pas de roulage. Visite de l’Est de l’île et de sa fameuse roue de Laxey. En partant, je m’aperçois que ma chute d’hier à cassé ma petite boule au bout de mon levier d’embrayage et que l’acier ainsi à nu m’entaille sévèrement le gant. nous n’avons pas de lime, on en piquera une au paddock.

Nous voulions monter à la montagne mais le temps n’est pas au beau fixe et j’aimerais y aller quand il fera beau car la vue y est magnifique. Nous nous rendons juste au Creg Ny BAA ce fameux pub situé dans un virage en descendant de la montagne (à cheval…) Vous y trouverez des photos dédicacées des plus grands pilotes: Paul Smart, Dunlop… Mon flair anglais ne m’a pas trompé, voilà qu’il se met à pleuvoir… Nous attendons une accalmie avant de rejoindre notre tente, dans la boue…

Nouveau poste de Marshal

Le lendemain, sous un soleil… présent, nous partons au paddock admirer les machines. Petit selfie avec Mc Guinness, toujours aussi sympa et nous nous préparons à rejoindre notre lieu de Marshal du jour. Nous serons en sortie de Kirk Michael dans les premiers virages pour monter à la montagne : lieu dit: Waterworks.

Norton

Cela a été notre plus belle journée de Marshal, qu’est ce qu’on a pu rire ! Nous nous sommes retrouvés environ 18 sur le point alors qu’en temps normal, seules 3 à 4 personnes sont présentes. Petit thé avant de démarrer sous un ciel menaçant… Nous devions fermer la route à 18h mais quelques énergumènes en voiture, passés quelques minutes plus tôt, ont décidé de faire la course et on eu un accident… Nous avons attendu 2h que l’ambulance vienne chercher les personnes et que les dépanneuses récupèrent les trois voitures impliquées. Je peux vous dire que l’ambiance était tendue… Imaginez les pilotes ! Pas de roulage depuis quelques jours et au moment d’y aller…

Photo souvenir de cette journée mémorable !

Au final, nous n’avons pas pu faire rouler toutes les catégories vu le timing serré… J’étais responsable du drapeau jaune que j’ai dû sortir pas loin de la fin, un des pilotes ayant chuté au virage suivant. (Je ne faisais pas la fière…)

Avec le chef Neil Davis

Nous avons ré-ouvert les routes et sommes allé rejoindre nos motos. Le chef de secteur roule en 1199 Ducati. Assez rare ici, je vous laisse contempler la moto.

Bellissima !

Un détail vous interpelle ? La sangle ? Il y a tellement de vent qu’il l’a plusieurs fois retrouvé par terre… Va expliquer ça à ton assureur. Bref, il se met à pleuvoir (Ah Bon?) et je décide qu’on redescendra par Kirk, parcours beaucoup plus long, mais la montagne, de nuit et sous la pluie, ce n’est pas une grande idée. Bien nous en a pris ! A peine arrivés sur Kirk voilà que la police ferme l’accès à la montagne car il vient encore d’y avoir un accident. Trempés, on s’arrête (encore) dans un pub. Et sur le parking, voilà que j’entends : « Vous êtes français ? Pourquoi vous avez un gilet orange? Je suis journaliste à La vie de la moto ça vous dit une interview? » Trois Guiness plus tard et 3 mois plus tard certains on pu voir :

(Fière !)

Auprès de nos Frenchies !

Le 23 Août, dernière journée d’essai avant les courses qui attaquent le lendemain, samedi. On en profite pour aller prendre la température des pilotes français qui n’ont pas boucler beaucoup de tours avant les courses, et d’emprunter enfin cette fameuse lime pour mon levier d’embrayage ! J’ai toujours sur moi un petit sticker de notre groupe motard du Gers: Los Petits Guits d’Arrodetas, qui trouve sa place sur la moto de Bouli Show, pas loin du sticker de notre regretté Fabrice Miguet, disparu au GP d’Ulster l’année d’avant.

La mécanique de précision
Le Gers en place

Pour ce dernier jour d’essai, la Direction a décidé d’ajouter une session à 15h pour pouvoir faire rouler tout le monde en plus de la session habituelle de 18h. Pour la première vague je prends des places assises aux tribunes de Grandstand, histoire d’avoir un autre aperçu du roulage (et en plus on a les vitesses hallucinantes de passage qui s’affichent)

Tout se déroule sans encombre, et sans pluie ! Pour 18h, nous nous calons dans un grand virage entre la descente de la montagne et l’entrée dans Douglas. Impressionant ! s Entre les deux temps et les Superbike récentes, personne n’a à rougir de sa performance. Rien qu’à l’oreille on commence à repérer si c’est un pilote pro, du style Mickael Dunlop, ou un amateur. Les vitesses de passage sont totalement différentes !

D’ailleurs en parlant de Mickael Dunlop il s’est fracturé le bassin quelques semaines plus tôt et marche avec des béquilles… Mais une fois sur la moto ! On n’a pas les mêmes médecins, ni la même condition physique ! Nan ? Bon, je vous l’accorde…

Samedi, Jour de course ! Malheureusement, nous avons appris hier à la fin de la session de roulage, que notre ami Bouli a chuté à Waterworks et souffre de fractures du bassin… L’aventure s’arrête là pour lui… Mais le moral reste au beau fixe.

Légendes

Les courses sont classées en plusieurs catégories, ce samedi il y a la Senior Classic TT avec des machines de 500cc telle que Honda, Norton, Royal Enfield, MV Augusta, Matchless et Paton (piloté par Mc Guinness et Maria Costello)

Le tour record avec ces machines est détenu par Mc Guiness, avec un tour en 19min58:394 (quand le record du tour en catégorie Superbike Classic TT est à 17:45:348 avec des machines telle que 750 kwa, 888 DUCATI, 1100 SUZUKI…) Malheureusement la course sera arrêtée suite à un accident qui coûtera la vie à un pilote…

Entre deux courses une « parade » est organisée avec quelques pilotes apparemment connus : Agostini, Carl Fogarty… Enfin parade… Ils ont roulé comme si ils étaient en course !

Le dimanche c’est journée Off, mais se tient à Jurby, au nord de l’île, un rassemblement auquel il faut absolument assister ! The festival of Jurby.

J’ai eu mon autographe !

Imaginez…Vous vous garez, bien alignés correctement sur un parking qui regroupe pas moins de 5000 motos ! La plus vieille devait être des années 20. Le plaisir des yeux est déjà là ! Ensuite, c’est un festival (je l’ai déjà dit)! La Mv de Monsieur Agostini est là, Monsieur Fogarty signe des autographes, les pilotes du TT sont là… Et monsieur tout le monde peut rouler sur le circuit du jour avec leurs machines d’exceptions choisies par l’organisation.

De bien belles choses à voir, mais un monde fou. Nous reprenons la route pour enfin prendre la montagne afin de redescendre sur notre camping. Nous prenons le bateau le lendemain et il est temps de ranger notre campement.

La route est magnifique sous le soleil et ces virages ! Un régal ! Un bonjour à Joey Dunlop et nous redescendons sur Douglas.

Impossible de venir au TT et au Manx sans passer à cet endroit.

Il est l’heure de plier nos tentes. Avant l’apéro des français sur la promenade des… Français ! (ça ne s’invente pas) Nous avons le ferry tôt le lendemain et vu le montage qu’il faut pour remettre les valises sur les motos (enfin, surtout pour mon père !), nous avons préféré plier la veille et dormir dans les bungalows présents sur le camping. Une nuit sans sommeil, encore ! Merci Romain pour ces ronflements d’un autre monde !

La route du retour

Nous débarquons à Liverpool et le retour se fait avec des souvenirs plein la tête et l’odeur du 2-temps dans nos narines. Nous retrouvons le flot des voitures sur la route. On s’arrête en rase campagne pour prendre un beau petit déjeuner anglais. Au final, nous avions prévu de faire nos propres repas, mais nous avons à chaque fois mangé dans des pub ou au resto, m’enfin c’est ça aussi les vacances ! Nous devons évidement encore traverser l’Angleterre et nous faisons une pause dans un charmant petit cottage pas loin de Gloucester, histoire de se requinquer dans un vrai lit ! J’ai ma famille de cœur qui vit pas loin de cette ville et nous nous retrouvons tous au restaurant.

Les courses sur l’île ne sont pas encore finies, mais nous ne pouvions rester plus longtemps. Le jour de la Junior Manx, nous sommes dans le Sud de l’Angleterre, pas loin de la côte pour y prendre notre ferry. Et ce soir là, Lancelot Unissart gagne la course ! La marseillaise retentit sur le live Facebook et nous la chantons en cœur ! Nous sommes dans un Pub, rempli d’anglais, évidement. Mais personne ne se soucie de ces froggy’s qui chantent leur hymne chez eux !  C’est ça l’Angleterre !

Le lendemain, j’ai réussi à négocier avec la compagnie maritime de rentrer une journée plus tôt en France et donc chez nous, afin de faire la surprise aux proches restés dans nos maisons respectives. Nous rejoignons Poole où nous avions dormi à l’aller. En s’y mettant à trois, on retrouve l’endroit où nous avions enfilé à la hâte les tenues de pluie et en fouillant dans les bas côtés voilà que je tombe sur la montre de mon père ! Elle nous a attendu tout ce temps ! Merci les services techniques de ne pas nettoyer les bords des routes. Passage chez un concessionnaire Yamaha, histoire de faire changer mon levier, et voilà déjà le ferry final.

Retour en France, penser à rouler à droite !

De retour sur Cherbourg… Merde, on roule à droite ! Ben je préférais la conduite anglaise ! On n’a jamais eu peur sur la route, ils mettent leur clignos, ils comprennent le principe des ronds-points.. Et arrivés en France, c’est le bordel.

Bref, encore une nuit ici avant de se séparer le lendemain, mon père repartant sur Paris et nous descendant dans le Gers par Bordeaux. Petit coup de klaxon sur la voie rapide et mon père enquille l’autoroute (oui il paraît qu’on roulait pas assez vite à son goût en Angleterre !) Le retour est assez monotone. Dans ma tête c’est déjà la reprise du taf le mardi. Même si je gère maintenant la conduite sur ma Yam, on décide tout de même de faire une pause vers Blaye pour ensuite faire d’une traite les 240km restants… Non sans une petite sieste…

Au final, qu’est ce que j’ai pu être fière de moi, mon père aussi ! Quelques 4000km avalés sans souci avec ma Diversion que j’ai acheté 800 balles quelques temps auparavant. J’ai quelques trucs à modifier : le saute vent n’est pas assez haut et les poignées sont trop fines. Mais sinon, j’en suis ravie ! Autonomie environ 210km pour un plein, une selle ultra confort (et elle est d’origine !)

Grosso modo niveau coût : les billets de ferry, un levier à 20 balles et 2000 euros d’essence, resto, camping et hôtel par personne pour 17 jours…C’est un prix mais pour quel bonheur ! Le bonheur de dire: je l’ai fait !

Et mon père l’aura ENFIN fait !

Fière de son papa.

4 Commentaires

  1. Superbe histoire qui fait du bien quand on est confiné et qui permet de s’évader un peu. Merci beaucoup. Comment avez-vous fait pour être marshall ? Hallucinant

    • Merci pour ce commentaire! Ravie de vous avoir fait voyager. Concernant le poste de marshal sur l’île de man le site de l’organisation est ici: https://www.iomttmarshals.com

      Il faut créer un compte avant toute chose et être bilingue! ^^ tout est sur la base du volontariat mais sans marshal pas de course! Cet été un entraînement avait été annulé car il manquait plus de 100 marshals! Une fois enregistré vous pouvez choisir les jours ou vous souhaitez être de « service » et sur quel secteur. vous avez aussi quelques vidéos à visionner pour apprendre les drapeaux et les consignes de base.Vous récupérez vos affaires des votre arrivée sur l’île: gilet orange, goodies, bonnet etc…
      Vous dépendez d’un chef de secteur et vous devez être présent 30min avant chaque fermeture des routes car cest nous qui fermons! Nous avons sur chaque poste les drapeaux, un extincteur un brancard…. et vous recevez vos consignes. Évidement nous n’avons pas en charge le talkie-walkie. Et ensuite c’est que du bonheur!
      Si vous avez la possibilité d’y aller inscrivez-vous!

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