Etant, comme Quentin aime narquoisement à me le rappeler aussi souvent qu’il le peut, de la vieille école, j’ai toujours roulé avec de simples jeans ou pantalons en toile épaisse. Un gros sur-pantalon coqué aux genoux venant parfaire l’équipement les mauvais jours venus. Mais, délaissant de plus en plus la voiture y compris pour les trajets du quotidien, j’ai décidé de m’équiper un peu plus sérieusement au niveau des jambes. J’ai jeté mon dévolu sur le pantalon All Road LT All one. Je ne fais pas durer le suspens plus longtemps et m’engage à vous dire dans les lignes qui vont suivre si oui ou non, c’est de la merde.

Pour faire les choses dans l’ordre et de manière empirique, il me faut commencer par déterminer ce que j’appelle « de la merde ». Est qualifié du terme de merdique, dans mon petit lexique personnel, tout ce qui est peu fiable, non abouti, déficient bref, tout ce qui ne sert pas à grand chose et prend de la place, tout ce qui lâche dès qu’on s’en sert, tout ce qui a été fini à la pisse. Même si c’est joli et que ça donne du style, à partir du moment où ça risque à tout moment de me rester entre les mains, ben c’est de la merde. Je suis un pragmatique. L’esthétique est secondaire. Important, mais secondaire.

Mon style « pantalon de travail »…

Ce pantalon, ce n’est pas de la merde. Autant le dire tout de suite. Même si on est encore tôt pour en vanter les qualités en hiver, j’ai quand même pu le tester en conditions réelles ces cinq derniers mois.

Commençons par la liste de ce que j’aime chez lui :
Son confort. Debout, assis sur la moto, assis par terre en tailleur pour entonner des vieilles comptines tatares autour d’un feu, pour crapahuter à la recherche de petit bois ou de champignons hallucinogènes, il est confortable en toute circonstance. Chose étonnante vue son poids.
Son côté pratique. Deux grandes poches avec fermeture à zip sur les côtés mais aussi (et surtout) deux autres placées sur le dessus des cuisses. Très bien pensées avec leur ouverture à scratch dont le rabat en biseau permet la préhension même avec les gants. On peut aisément y mettre un portefeuille standard, une blague à tabac ou, pour les plus farfelus, un demi-concombre. Les bretelles réglables sont bien positionnées.
Son ergonomie. La taille est réglable grâce à deux bandes de scratch disposées de part et d’autre. La fermeture est double. La taille est placée assez haut, ce qui protège bien le bas de l’abdomen et le dos. Chose non négligeable : la braguette est suffisamment large et bien conçue pour ne pas avoir à se contorsionner au bord de la route pour la petite commission. C’est un détail qui peut faire sourire mais il est, à mon sens, tout aussi louable que le reste. Au niveau des chevilles, on reste sur du classique. Fermeture à zip renforcée avec un scratch. Les soufflets placés aux genoux et sur les reins rendent l’ensemble très souple.
La sécurité. Bonne surprise également de ce côté. Les coques situées aux genoux sont de catégorie 2. Elles sont larges, amovibles, réglables en hauteur et très discrètes au port. On en retrouve également sur les hanches. Elles sont de taille respectable et là aussi, restent très discrètes au port. La partie textile est très satisfaisante. Epaisse, résistante, étanche, protège bien du froid et du vent. La doublure amovible hiver me parait très efficace. Pour l’exemple, j’ai roulé deux bonnes heures sous la pluie et la neige sans aucun sous-vêtement chaud, et je suis rentré avec les jambes sèches et non bleues.

La liste de ce que j’aime moins est courte, mais elle existe.
Il est intenable à l’arrêt par temps chaud. Au delà de 25°C, vous commencez à avoir l’impression d’être dans une étuve. Au delà de 30°C, vous finissez en slip chez les copains (testé et approuvé). A privilégier donc pour les débuts et fin de saison ainsi que pour l’hiver mais à bannir pour la saison estivale, à moins de rouler sans arrêt. A noter que les larges ventilations refermables situées sur le dessus des cuisses sont efficaces mais à mon goût un brin insuffisantes. Quelques centimètres de plus auraient été appréciés (j’ai l’impression d’entendre ma femme).
– Les languettes élastiques qui passent sous les semelles des bottes. Inefficaces et dangereuses. Elles sont beaucoup trop lâches pour vraiment empêcher le pantalon de remonter. De plus, elles risquent de se prendre sous le cale-pied et au moment de s’arrêter, ça peut faire bizarre…

En résumé, le pantalon All Road LT All One est un bon investissement pour rouleurs à l’année. Il est utilisable 10 mois sur 12 sans problème. Solide, pratique, confortable, tout ce que j’aime ! Son prix est, à mes yeux, tout à fait justifié, et même carrément pas exagéré.



 

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Régis vit en Haute-Savoie. Unique héritier d'une longue lignée de non-motards, fasciné depuis sa plus tendre enfance par tout ce qui a un moteur entre deux roues pour des raisons toujours obscures. Curieux de nature, autodidacte dans bien des domaines, condamné à mort par contumace dans plusieurs pays d'Amérique latine, il a fini par découvrir que son amour de la moto était non seulement aussi fort que celui qu'il a pour l'écriture, mais qu'en plus l'un nourrit l'autre.
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