Décembre 2013, j’entamais mon initiation. Destination les Millevaches Authentic, première édition.

Ce vendredi matin là, je rejoignais mon ami Alain chez lui avant le grand départ. Alain fait partie de ces fameux roule toujours avec plein de stickers collés aux valoches. Brochette d’autocollants Millevaches témoignant des années de présence consécutives, les Eleph’, Bonnets Givrés, La Burle et j’en passe bref, pas exactement ce qu’on appelle un perdreau.

Surprise, le pote Denis y était également. C’est en tant que guest estampillé « J’me pointe à la dernière minute » qu’il voyagerait dans le panier du side d’Alain. La XJ900 team du 7-4 était au grand complet et rien que ça, c’était aussi cool qu’inespéré.

Tout y était pour faire vrai. Le froid, la neige, le vent. Niveau équipement, de simples manchons de poignées. Des chaufferettes dans les chaussettes et les gants et roule ma poule. Aujourd’hui encore, je n’ai toujours pas cédé à la tentation des poignées chauffantes. Je reste convaincu que moins t’en installes, moins t’as de problèmes potentiels. Surtout sur de vieilles brêles comme la mienne. Et surtout quand t’es comme moi, c’est à dire d’une nullité cosmique en électricité. La seule évolution depuis : les pneus enduro. Ca, par contre, je recommande fortement.

Bref le temps de tracer jusqu’au point de rassemblement, de pointer, de monter jusqu’au lieu du bivouac, on s’installait la nuit tombée.

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Planter sa tente la nuit, dans la neige, alors que le vent souffle et qu’un fin grésil te lacère le visage, ça peut faire peur comme ça quand c’est lu sur un écran. La planter dans une ambiance surréelle, dans l’odeur des premiers feux de camp, avec des éclats de rire tout autour, des bruits de moteurs et la neige qui crisse sous tes bottes, c’est complètement autre chose.

Première soirée en comité encore restreint. Quelques potes étaient déjà présents quand on s’est pointés. Venus des quatre coins du pays, comme nous. C’est aussi, pour certains, une des rares occasions qui nous est donnée de nous voir. Y en a comme ça que je vois une fois par an, et c’est aux Millevaches. D’autres nous rejoindront au fil de la journée du samedi, jusque tard le soir.

En attendant fallait bien se remplir la panse. Mais avant ça, apprendre les us et coutumes des hivernales. Se repérer sur le site pour pas se paumer (nous y reviendrons), localiser la buvette, les chiottes et, primordial : La première et dernière corvée du weekend, aller chercher son bois. Une fois que ça c’est fait, tu peux te poser, manger un morceau, boire un coup, deux coups, trois coups, avoir de soudaines envies de randonnée et partir à la découverte du site à la frontale, sans boussole ni assistance.

Le plus inexplicable, c’est qu’on ne s’emmerde pas une seconde. Un weekend complet dans un champ dont t’as vite fait le tour, avec rien de spécial à faire, dans le froid, et tu t’emmerdes pas. Je sais pas vous, mais moi j’y vois là un truc paranormal. Surtout pour quelqu’un qui comme moi a vite tendance à s’emmerder dès que ça traîne en longueur.

Le lendemain matin, t’es réveillé tôt.

Ton premier problème, c’est que t’as envie de pisser. Le second c’est que dehors (enfin quand tu dors en tente la frontière entre dedans et dehors est mal définie) il fait -10°C. Le troisième c’est qu’avec des températures négatives, t’as peur de ne pas retrouver l’organe qui te sert habituellement à uriner (entre autres, mais dans ces conditions je pense que pour une immense majorité des participants, il ne sert qu’à ça).

Heureusement, tu as su trouver l’intelligence nécessaire pour écouter les conseils des anciens et embarquer dans tes bagages une petite bouteille de lait vide. Je te présente ton pot de chambre portatif. Comme quoi la notion de confort tient à peu de choses, finalement.

Mais tu finis quand même par te rhabiller à genoux dans le froid, et tu mets le museau dehors…3

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Tu constates que tout le monde n’a pas de bouteille de lait…

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Et tu te prépares à passer une journée sans savoir à quelle sauce tu vas être mangé…

A suivre ! 

Régis vit en Haute-Savoie. Unique héritier d'une longue lignée de non-motards, fasciné depuis sa plus tendre enfance par tout ce qui a un moteur entre deux roues pour des raisons toujours obscures. Curieux de nature, autodidacte dans bien des domaines, condamné à mort par contumace dans plusieurs pays d'Amérique latine, il a fini par découvrir que son amour de la moto était non seulement aussi fort que celui qu'il a pour l'écriture, mais qu'en plus l'un nourrit l'autre.
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1 COMMENTAIRE

  1. C’est tout à fait ça.
    Sauf que j’ai préféré la bouteille de jus d’orange, dont la transparence permet de vérifier l’opacité de la miction pour confirmer qu’il est temps de se mettre à la flotte et aux crudités…

    Philippe

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