Les premiers flocons sont arrivés avec la Rando TT Pirate. Le moto club de la Burle nous a accueilli à bras ouverts sur son domaine altiligérien. Il n’en fallait pas plus pour nous rappeler que la saison des hivernales commence dans moins d’un mois. Quelques membres de la Team Vie De Motard vont en découvrir cette année l’une des plus célèbres : Les Millevaches, organisée par le Moto Club Meymacois sur le Plateau de Millevaches (Corrèze 19) dans le village de Millevaches (et oui ça fait beaucoup de mille vaches !).

Tu vas trouver ici l’historique de cette concentr’ mythique, les motivations qui peuvent pousser de parfaits motards un peu barjots à rouler en plein mois de décembre par des températures négatives, ainsi que quelques astuces pour éviter que ce weekend de plaisirs motardesques ne se transforme en véritable calvaire si les conditions climatiques sont à la hauteur de nos espérances.

Un peu d’Histoire (le patron appréciera !)

1969, Michel Perdrix président du Moto Club Pirate 95 (tiens donc encore un pirate !) organise la 1ère édition. Il part du constat que nombre de motocyclistes éprouvent du plaisir à se lancer à l’assaut des routes Allemandes ou Britanniques pour se rendre aux déjà célèbres Elefantentreffen ou Dragons. En France… rien. Il y aura donc une concentration hivernale Gauloise sur le plateau de Millevaches le 1er week-end de décembre de cette année érotique.

Millevaches, petite commune corrézienne d’une centaine d’habitants au cœur du plateau de Millevaches (non pas qu’il y ait 1000 vaches mais plutôt 1000 sources dont celle de la Vienne, la Corrèze, la Vézère et la Creuse), proche du Mont Audouze, point culminant des routes corréziennes à 938 mètres.

Une organisation « aléatoire », et des conditions hivernales particulièrement rigoureuses (fortes chutes de neige et jusqu’à -18°c !!) vont bouleverser les plans établis par l’organisateur mais les faits sont là : de nombreux motards solo ou side-car se sont déplacés des quatre coins de la France et même de l’étranger dans des conditions dantesques. L’esprit de camaraderie autour de la passion de la moto poussera Michel Perdrix à organiser une 2nd édition en 1970.

Michel Perdrix décède accidentellement en 1971 après seulement deux éditions. Sa femme continuera de faire vivre cette concentr’ jusqu’en 1974.

En 2009 après plus de 30 ans d’absence, le Moto Club Meymacois (Meymac commune du plateau de Millevaches) organise le retour de l’hivernale sur le lieu originel de la concentration, et cela va faire 9 ans que ça dure. Depuis 2013, quelques membres qui ne se retrouvaient pas dans l’organisation de ces Millevaches 2.0 décident de créer un club, le MCP Millevaches, organisateur de l’Authentic, hivernale qui a lieu en Auvergne, le week-end précédant le rassemblement en Limousin. 

Le point positif, pour les amateurs d’hivernale étant la possibilité de sortir les meules et de se geler les noix en discutant autour d’un feu deux semaines de suite ! Le point négatif, pour l’arrière-petit-fils d’habitant du plateau que je suis, c’est le fait de jouer sur le nom de Millevaches, et de semer le trouble dans la tête des motards qui souhaitent se rendre à l’une ou à l’autre des concentr’.

Pour preuve cette histoire cocasse qui m’a été racontée par le vendeur d’un side vu sur LBC que j’étais parti essayé dans la région de Thiers (63) il y a deux ans. Il me disait avoir acheté la bête pour promener les petits enfants l’été et participer à une hivernale. Inscription via internet à la concentr’, le gars n’y connaissait pas grand-chose entre Authentic et Millevaches. Résultat 1er week-end de décembre le v’la parti avec un pote dans le panier, la tente, de la bouffe pour un régiment, et quelques canons, direction Clermont-Ferrand, Ussel et enfin Millevaches…. et là l’autochtone lui annonce qu’il a une semaine d’avance !!! Pas cool ! Enfin, il aura quand même fait une belle ballade entre Auvergne et Limousin.

L’occaze de passer un week-end autour de la moto et de retrouver les copains.

Passons maintenant aux motivations qui peuvent pousser plus de 2 000 motards à se rendre le temps d’un week-end dans un lieu aussi isolé, par un temps parfois capricieux et des températures qui n’incitent pas forcément à la conduite d’un deux roues (affirmation fausse pour les possesseurs de 3 roues).

En effet parcourir quelques kilomètres quand tu viens de Peyrelevade, Sornac, Ussel, Neuvic, Egletons ou des centaines pour ceux qui viennent des quatre coins de l’hexagone et de l’étranger, peut paraître complètement dingue. Les uns viennent coucher sous une tente quasiment dans leur jardin en plein mois de décembre, les autres avalent du bitume gelé dès les premières heures de leur fin de semaine de taf, pour se retrouver dans un champ, sans le moindre confort, tout ça pour rentrer à la maison le dimanche soir sentant le fumé, avec l’haleine d’un poney shetland ou d’un trappeur du grand nord Canadien.

Parce que qu’est-ce qu’on y fait dans une hivernale ?  

Dans un premier temps l’installation du bivouac semble être la première des tâches, enfin juste après la traversée du champs en tentant de rester sur tes deux roues (affirmation une fois encore erronée pour les possesseurs de sides, n’est-ce pas Pierro ?).

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S’occuper du bois pour le feu est ensuite une des préoccupations majeures pour qui veut passer une bonne soirée. Et là y’a du boulot !!

 

La cuisine est un passe-temps assez prisé, ainsi que la consommation de breuvages aux origines parfois douteuses !

Les discutions sont philosophiques, les expériences des uns et des autres remontent à la surface, souvent des rires.  On erre sur ce plateau herbeux, boueux, gelé ou neigeux, c’est au choix, on admire les motos des uns et des autres avec des styles plus ou moins académiques. C’est vrai qu’en terme de motocyclettes à 2 ou 3 roues le parc est plus qu’éclectique !!!

En bref on passe un bon moment ou le terme ripailler prend souvent tout son sens et ou la passion de la moto est dans toutes les conversations.

Et si maintenant tu as (toujours) envie de venir !

Au début de cette article j’ai parlé d’astuces pour éviter quelques désagréments. Mais à y réfléchir j’ai pas envie de jouer au prof’ donneur de leçons. Emmène ce qui te paraît utile (mais équipe toi quand même bien contre le froid et l’humidité façon randonneur en montagne plutôt que motard se rendant au Bol d’Or) et tu verras sur place.

S’il te manque quelque chose un mec pas loin de toi aura ce qu’il te faut pour de dépanner. Si la vue des billes de bois te fait renoncer à faire du feu parce que ton Opinel et la super mini hache que tu viens d’acheter ne sont pas forcément les outils les plus adaptés, tu trouveras de la chaleur un peu plus loin parce que les types d’à côté sont venus avec l’attirail du parfait bûcheron. Enfin si tu te gèles les pieds ou que tu claques des dents dans ton duvet et bin… l’année suivante tu changeras ta façon de faire et tu seras content d’y retourner ! N’est-ce pas Cigalou et Olive ? (qui ont failli mourir congelés à la Burle mais en redemandent…

Alors, rendez-vous le 10-11 décembre sur le plateau ?

4 Commentaires

  1. Pour l’avoir fait l’année dernière, c’est quand meme « un pelerinage » à faire au moins une fois… meme si sur le moment on se demande ce qu’on est venu faire là, c’est une sacrée expérience qui donne envie d’être revouvellée 🙂

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