Depuis quelques mois, je cherche à compléter mon petit parc moto avec une bonne bécane « utilitaire ». Ben oui, mon 660 XTZ est un mois sur deux démonté sur l’établi du paternel vu que je m’acharne à l’utiliser comme si c’était un enduro. Et mon SV 650 S, c’est mon « bijou ». Entre sa grande restauration et mon premier Moto Tour à son guidon, j’ai une histoire fusionnelle avec cette machine. J’ai du mal à me résoudre à  la borner dans un bête usage quotidien… Et puis – les rallyemen me comprendront – c’est très dur, voire quasi impossible, d’enfourcher sa moto de course sans mettre son cerveau de moineau en mode course lui aussi. Surtout quand comme moi tu as la chance de vivre au sommet d’un col de 15km de folie sur du bitume parfait. Beaucoup, beaucoup trop tentant. Aller chercher le pain ne doit pas devenir une spéciale…

Et c’est donc plein de ces raisonnables intentions que je me suis retrouvé avec… un 750 Intruder de 1986 !

Mais pourquoi ? 

Parce que custom ! 

J’ai toujours fantasmé sur les customs. Ils véhiculent en moi un imaginaire très fort. Pas celui – le plus répandu – de Son of Anarchy où les bikers sont des mecs badass roulant en meute mais celui plus poétique d’Easy Rider. Ces deux doux dingues qui traversent l’Amérique en menant la vie de bohème me touchent profondément. Le custom c’est dans sa version résolument hippie des seventies que je l’envisage. Et en cela l’esthétique en tantinet kitch de chopper fin et élancé de ce vieux Intruder m’a de suite tapé dans l’œil. Que ce soit pour aller bosser ou tailler la route, l’idée c’est de rouler à la cool, sans me prendre la tête, sur une jolie machine personnalisée à mon goût et me sentir tout simplement libre. A chaque accélération, fumer son essence comme on fumerait un tarpé. J’aime cette philosophie « primaire » de roulage.

Parce que paternité ! 

Et oui, je suis devenu un daron et les conneries, ben c’est terminé. Terminé de pouvoir flamber au jour le jour tout ce que je possédais dans mes machines. Acheter-casser-vendre-acheter-vendre. Il va falloir être raisonnable : réviser sa bagnole comme un adulte au lieu de la faire tenir avec du fil de fer, ouvrir un livret A au mioche, payer le crédit de la future maison, acheter un lave-vaisselle, investir dans un matelas qui ne soit plus un bout de mousse jeté par terre. Enfin tu vois quoi, tous ces machins de la vie normale. Cette troisième moto, je savais bien que c’était la dernière que je pouvais acheter avant de figer mon garage pour les 25 prochaines années. Et je n’avais vraiment pas envie que ma dernière folie soit un gentil CB600…

Parce que Johnny Cash !

Cette moto, je l’ai baptisé Walk The Line. Déjà parce qu’avec son freinage Suzuki, son absence de garde-au-sol et son angle de braquage custom, filer droit, c’est souvent ce que je risque de faire ! Mais aussi parce qu’à son guidon, je compte bien filer droit dans ce numéro d’équilibriste qu’est la vie de papa motard. Plutôt que d’attendre la crise de la cinquantaine pour tout plaquer et me barrer comme un rebelle bedonnant sur une Harley à 20 000 bouzouf, je préfère bidouiller pour réaliser mes rêves dès à présent et les concilier avec ma vie de famille. I walk the line… 

A peine achetée, j’ai demandé au chauffeur-livreur Adrien d’All You Need Is Ride (oui, si vous avez un camion, ne prenez surtout pas le risque d’être mon ami, je vais vous exploiter sans vergogne) de la déposer à Grignan chez Gildas, mon mécano-magicien-fétiche. Non, pas fétichiste, fétiche. Parce que bien sur quand comme moi tu achètes toujours des machines à des prix indécemment bas, la frontière entre une bonne affaire et une épave est toujours difficile à déterminer. Pour le moment, elle tourne affreusement mal – c’est simple, on dirait une Harley  – donc un nettoyage en règle des carbus et une bonne synchro s’impose. Et là seulement je pourrai vous dire – enfin, dire à mon banquier surtout –  si on s’embarque dans une simple révision ou carrément une rénovation.

Bref, avant de filer droit, il va falloir mettre les mains dans le cambouis. Mais ça, il y a belle lurette que c’est devenu un plaisir.   

6 Commentaires

  1. Salut Cigalou ! Je trouve énorme ta philosophie de moto. En effet, je te comprend. Je suis passionné par la moto depuis tout jeune et en effet, je ne suis pas passionné par tel ou tel type de moto mais par la moto en générale. De la sportive, au roadster en passant par les trails (je roule avec une v-strom mais une kmx m’attend dans le garage pour une remise en route…. J’aime aussi bien les customs ou les royal enfield…. La moto c’est le top, la moto… c’est la vie !!!!

  2. Citer en référence Easy Rider et Johnny Cash, tu me régale Cigalou ! Bon, par contre le custom, j’avoue que ça me dépasse. Mais il parait que tout motard, si il a la chance de vieillir, fini un jour par en conduire 🙂

  3. Le gros avantage du custom, c’est que tu te fais peur bien avant d’aller vite 😁 , ça limite la casse. Bon, c’est moins pousse-au-crime … quand tu roules seul, le manque de protection te rappelle à l’ordre quand tu dépasses les limites légales. Ouais, un outil de père de famille responsable

  4. 15 kilomètres de départementale sinueuse et rouler avec un trou d’air, je me demande si ce n’est pas plus dangereux.
    Ca va frotter tout le temps, et quand ça frotte, on ne peut plus modifier l’angle.
    Et l’argument : je suis papa alors je m’assagis … hahahahahahahahaha… hihi..
    Ca fait du bien de rire un bon coup. hihi …
    Philippe

  5. Déjà,père de famille,c’est pas une activité raisonnable,alors pourquoi ne pas y aller à fond?Et puis «  il n’est pas si sage qu’il le croit celui qui vit sans folie »( Larochefoucault)

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