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Encore une fois notre nuit sous les étoiles a été merveilleuse, depuis douze jours que nous sommes dans le désert, chacun à pris ses habitudes et ses marques. Mise à part le vieux Land essence de Michel qu’il faut démarrer à la sangle ou à la manivelle, tout le reste de la caravane mécanique est plutôt en bon état. Continuer la lecture

Off-Road 2 commentaires sur Tamanrasset 1985 : Alegrian Raid – Dernier épisode , ,

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Aujourd’hui, c’est relâche. Tout le monde est arrivé à bon port en siphonnant les dernières gouttes d’essence dans le Land Rover de Michel. Les deux KTM boys étant arrivés les derniers se permettant de faire un petit détour avant d’arriver, il faut croire que la précédente leçon n’a pas servie. Le Land de Michel rencontre des problèmes de démarrage depuis deux jours, il va falloir mettre à profit cette journée de récupération et de repos pour tenter de remédier à cela. Continuer la lecture

Off-Road Un commentaire sur Tamanrasset 1985 : Alegrian Raid – Episode 10 , , , ,

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Notre mésaventure d’hier est encore toute fraiche dans nos mémoires ainsi que la nuit pour le moins spartiate et froide. Brrrrr… Le conseil de guerre se réunit autour du grand chef et personne ne bronche. Nous faisons un état précis de nos réserves de carburant. Nous envisageons également un retour sur Djanet pour refaire les pleins, mais cela n’est pas possible au vu du planning serré du restant de notre parcours, nous venons d’épuiser notre joker temps.

La décision est prise, nous allons reprendre de suite la piste plein ouest jusqu’à Tamanrasset, nous passerons par Serouenout, Idelès, Hirafok, Assekrem avec la visite de l’ermitage du père Foucault puis Tam ou nous ferons une pause d’une journée avant la remontée plein Nord. En calculant au plus juste, nous devrions peut être arriver au bout sans panne de carburant. Au pire le deuxième Land Rover fonctionne à l’essence, nous pourrons profiter de ses réserves pour alimenter les motos et le Land diesel fera un dépannage si besoin le jour de repos à Tam. Avant le départ les consignes sont très claires de la part de Valéry : nous sommes en plein désert et il n’y aura pas un chat autour de nous dans un rayon de plus de 600 km (message subliminal).

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Au bout d’une dizaine de jours nous avions tous cru maitriser la navigation dans le désert, mais toutes les pistes précédentes étaient très marquées et il était quasi impossible de se perdre, mais hier nous sommes tombés du premier coup dans le piège, il faut que cela nous serve de leçon. Nous devons suivre la piste principale et toujours rouler à vu des 4×4 qui nous suivent, tout cela n’est pas très réjouissant eu égard à leur vitesse, mais bon….

Le soleil est déjà bien haut dans le ciel et la température doit frôler déjà les 35° quand notre petit groupe se met en route. Le terrain est très plat et rien pour l’instant ne se profile à l’horizon, le sol est dur et porteur. Les suspensions souples de ma Ténéré font merveille sur ce terrain, associées au moteur plein de couple qui ronronne doucement. Je vide mon esprit de toutes pensées nuisibles et inutiles afin de profiter au maximum de ces moments intenses et rares. Ces moments, je les ai rêvés, désirés tant et tant de fois que je veux les savourer à l’infini. Une certaine extase est en moi et malgré la chaleur ambiante,  je ressens malgré tout des frissons, mais ceux-ci sont simplement dus à des accès de bonheur, de joie et de plénitude. Mais il ne faut pas s’évader trop longtemps et rester vigilant et attentif à la piste, car celle-ci aura vite fait de me ramener à la dure réalité du terrain, me secouant l’échine de temps en temps et réveillant ainsi mes douleurs dorsales toujours présentes.

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Les kilomètres défilent allégrement, roulant un peu en retrait de mes camarades, je m’aperçois que depuis ce matin nous sommes tous affectés par un comportement bizarre,  « Le syndrome de la tête qui tourne ». En effet il ne se passe pas une minute sans que l’un d’entre nous tourne la tête, regarde derrière lui pour voir si nous roulons bien en groupe et surtout si nous apercevons les 4×4. La leçon a été bien apprise et bien retenue, il est hors de question de nous perdre à nouveau.

Les vieux Land rover filent bon train sur la piste, aussi nous pouvons un peu accélérer la cadence. Profitant d’une petite pause, nous croisons aussi un vieux Toyota BJ qui assure le ravitaillement de quelques petits campements aux alentours, c’est aussi une rencontre surprenante d’une maman et de sa petite fille, seules au milieu d’un champ de cailloux. Nous échangeons quelques sourires, communiquons pas gestes et leur offrons quelques paquets de gâteaux et bouteilles d’eau. Nous ne saurons jamais la raison de leur présence ici. Quelques kilomètres plus loin nous arrivons dans une petite oasis, petite pause miam miam et vite nous reprenons la piste. Cette étape qui s’annonçait longue et difficile, se déroule au mieux. Nous arrivons en toute fin d’après midi au pied de l’Assekrem.

Nous sommes légèrement en altitude et dès les rayons du soleil disparus la fraicheur de la nuit se fait sentir. D’un commun accord nous décidons pour la première fois de monter les tentes, des discussions sympas et quelques peu graveleuses s’en suivent pour savoir qui dormira avec qui, car au bout de 15 jours de désert, nous commençons à nous trouver mignons les uns les autres (plaisanteries n’est ce pas…) Comme a son habitude, Valéry nous prépare un repas gargantuesque, à la carte ce soir : Une boite de 1 kg de raviolis pour quatre, le tout accompagné de deux rondelles de saucissons chacun, c’est un vrai festin ce soir. En guise de désert deux biscuits en miettes accompagnés d’un excellent thé à la menthe en…sachet ! Bon, nous ne sommes pas là non plus pour faire un raid gastronomique, mais un raid de vrais baroudeurs et cela nous l’avons bien compris depuis le début. Bien fatigués après ces 500 km, nous sombrons dans un profond sommeil ou les rêves de chacun resteront secrets.

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Nous avions décidé d’être au sommet de l’Assekrem très tôt le matin afin d’admirer le lever du jour et bien c’est raté, tout le monde traine les pattes. Afin d’économiser notre essence, nous laissons les motos en bas et nous montons tous à bord et sur les 4×4 jusqu’en haut de cette montage mythique. Arrivés au sommet, le ravissement est total et sublime. Le décor est lunaire, la lumière absolument étrange et fascinante. Je suis assis sur le toit du monde, je recherche un instant de solitude en essayant de m’imprégner de cette atmosphère toute particulière. J’aperçois un peu plus loin l’ermitage du père de Foucault, jeune militaire et dandy parisien qui un jour décida de mener retraite ici et de prôner la parole de Dieu. Il sera assassiné en 1916 et depuis considéré comme un martyr. En pénétrant par une petite porte très étroite à l’intérieur, je m’aperçois dans quel état de dénuement total devait vivre cet homme.

Nous redescendons assis sur les capots des Land-Rover et replions le bivouac. Nous vidons les dernières goutes d’essence de manière équitables dans les réservoirs des motos qui en réclament le plus. Il nous reste 76 km pour atteindre Tamanrasset et repartons sur une piste bien tracée, nous pouvons rouler à notre main, le rendez vous étant fixé à la première station essence à l’entrée de Tam. Comme à leur habitude, les deux KTM Rotax ne se font pas prier et d’un coup de jarret bien envoyé, démarrent leur grosses gamelles et disparaissent rapidement dans la poussière. Les autres collègues étant peu sûrs de leurs autonomies décident de rouler tranquillement jusqu’à l’arrivée.

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Pour ma part, je me sens vraiment bien ce matin, et j’ai bien envie de tordre un peu la poignée de gaz tout en gardant une bonne marge de sécurité quand même. Tapotant sur mon réservoir, celui-ci résonne et sonne quand même le vide, mais bon, pas le choix et puis en cas de panne il y aura du monde derrière moi. J’enquille la piste à bonne allure, la moto bien serrée entre mes genoux, souple sur les jambes, un œil à 20 mètres et l’autre au loin. Je me surprends même à me faire plaisir avec quelques petits sauts et autres petits dérapages, cette moto est vraiment fantastique et je fais corps avec elle.

Soudain tout commence à vibrer très fort, la moto devient difficilement contrôlable et part à la dérive de chaque côté de la piste, j’ai l’impression d’être sur un marteau piqueur. Je viens de comprendre que je suis sur de la tôle ondulée, par réflexe je ralentis un peu et tout s’empire. Me rappelant mes lectures d’hiver, je sais qu’il me faut accélérer et qu’une fois une certaine vitesse atteinte, le phénomène doit s’atténuer assez fortement. Plus facile à dire qu’à faire, mais cette fois-ci c’est moi qui décide, je prends ma respiration un bon coup, relâche un peu mes muscles pour assouplir ma position de conduite, accélère franchement en espérant arriver le plus vite possible à la bonne vitesse. Bon dieu, ça secoue drôlement fort, j’ai l’impression que ma fourche avant se déplace d’avant en arrière d’un bon mètre par rapport à sa position initiale et puis d’un seul coup tout s’estompe, les vibrations s’atténuent, le bruit devient moins violent et la conduite beaucoup plus évidente. C’est bon j’ai le bon rythme de croisière mais la fatigue commence à se faire sentir, heureusement la piste est plus facile et tout redevient normal.

Décidant de faire une pause et d’attendre mes collègues, je tombe sur deux italiens aux guidons de magnifiques BMW Auriol Répliqua. Je bave devant ces bécanes de légende. Mais bon après tout ma 600 Ténéré bleu est aussi une bécane de légende, elle à aussi écrit quelques belles pages d’aventures africaines avec Serge Bacou et  JCO entre autres.

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Tamanrasset n’est plus loin maintenant et comme ma bonne Ténéré et aussi une bécane de légende, je décide de me faire ma « spéciale de Tam » il n’y aura qu’un seul participant, ce sera moi et donc un seul vainqueur… moi aussi. Eh eh trop bon tout ça, un bon coup de kick, deux doigts sur l’embrayage et deux trois pelleté de cailloux après je suis déjà loin. Une piste large et facile se déroule toute seule devant moi, déjà j’aperçois les faubourgs de la ville, je suis seul et je suis aux anges, quand tout à coup : pet…pet……puis pet…pet… de nouveau, les tours moteurs tombent, j’accélère un peu rien ne se passe, je débraye, ré-accélère et le moteur s’arrête. Oh zut, trop bête, c’est la panne sèche à deux ou trois km de Tam.

Je sors la béquille, descends de la moto, enlève mon casque et bois un bon coup d’eau. Bon rien d’alarmant je n’ai qu’a attendre que les 4×4 arrivent ou que quelqu’un passe. Je suis zen et décontracté, puis il me vient une idée, un vieux souvenir de mes premières pannes en mob quand j’avais 14 ans. J’ouvre le réservoir, secoue la moto et j’entends un tout petit glouglou, super il reste un tout petit peu d’essence dans le fond. Je bascule ma moto du côté gauche à toucher le sol, remets mon casque, deux coup de kick à vide, un bon coup de latte et hop….poum poum poum de nouveau.

Je roule tout doux sur un filet de gaz et arrive comme un champion en grand vainqueur de « Ma spéciale Tam’85 » à la station essence. Je suis le seul apparemment à être arrivé, pas de nouvelles des KTM Boys pourtant partis avant moi. Je fais le plein, 30 litres, jamais mis autant d’un seul coup, j’étais vraiment à sec, et là c’est le bonheur absolu, je m’offre un coca glacé, surement le meilleur coca du monde à ce moment là.

P***  la vie est belle et elle vaut vraiment la peine d’être vécue. Instants inoubliables.

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Comme tous les ans, la neige a bien fini par fondre. Avec les Dirty Pirates on a alors aussitôt viré tout le barda des hivernales sanglé sur nos brêlons pour retourner faire ce qu’on aime le plus : se rouler dans la bouillasse comme les petits gorets bien sales qu’on est. Continuer la lecture

Off-Road, Reportages, Vidéos 5 commentaires sur Dirty Trail Cross 2017 : De la sueur, de la boue et des potes , , ,

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Ce matin au réveil, je suis content, bien dormi mon dos encore un peu douloureux se fait plus discret. Je suis propre (enfin) mes deux T-shirts, slips et paires de chaussettes sont nickels, mon guidon est droit et Miss Ténéré est en pleine forme. Le moral de toute l’équipe est également au beau fixe, nous avons passé sans encombre le plateau du Fadnoun réputé très cassant et difficile, cela fait une grosse semaine que nous sommes sur les pistes et chacun roule proprement et sans casse, Valéry notre G.O est content et rassuré. Continuer la lecture

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Il fait encore frais le matin au réveil, et il est d’autant plus difficile de sortir du sac de couchage que malgré une bonne douzaine d’heure de sommeil, les organismes sont fatigués. Il faut dire que la journée d’hier a été très difficile avec une piste très cassante. Le petit rituel du matin reprend son cours : un petit café, deux biscuits au chocolat, remballage du couchage, nous n’oublions pas non plus de remplir les gourdes d’eau et tout le monde est près à partir. Continuer la lecture

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Je me réveille aux premières lueurs du jour. La nuit a été difficile et à chaque mouvement, mon sommeil est entrecoupé par de violentes douleurs dans le haut du dos. Je m’extirpe tout doucement de mon sac de couchage en faisant bien attention à tous mes gestes. Mon corps et mes muscles sont endoloris et mon moral est au plus bas. Mais je n’ai pas d’autre solution que de continuer le voyage, je n’ai vraiment pas envie de rester seul ici. Après un petit déjeuner rapide, nous remballons nos affaires, les copains viennent aux nouvelles et me remonte le moral et puis tout doucement la chaleur des rayons du soleil me réchauffent et me font le plus grand bien. Continuer la lecture

Off-Road 8 commentaires sur Tamanrasset 1985 : Alegrian Raid – Episode 6 , , , ,

Le matin l’ambiance au réveil est un peu tendu, deux de motos ont de sérieux problèmes. Nous n’avons pas encore attaqué la piste et seulement réalisé un petit quart du parcours prévu. Impossible de charger les motos dans les 4×4. Yves et notre collègue en 350XR proposent de rester là, de trouver une solution pour remonter à Tunis et nous attendre au bateau du retour. A l’unanimité nous décidons que ce n’est pas possible, on ne laisse pas des potes comme ça derrière nous. Continuer la lecture

Off-Road 3 commentaires sur Tamanrasset 1985 : Alegrian Raid – Episode 5 , , , , ,

Les moteurs de nos motos ronronnent à l’unisson et le petit moteur de l’Aprilia semble fumer un peu plus, peut être une simple impression. Le long ruban de bitume noir coupe le désert en deux, de part et d’autre les dunes ocres se font de plus en plus présentes. Jusqu’à présent nous n’avons pas eu très chaud, mais maintenant la chaleur se fait plus présente et le vent chaud me pique les yeux tandis que ma gorge se dessèche de plus en plus rapidement. Je fais de plus en plus souvent de minis arrêts afin de me désaltérer avec l’eau tiède de ma gourde.
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Off-Road 6 commentaires sur Tamanrasset 1985 : Alegrian Raid – Episode 4 , , , ,

Cette fois-ci c’est pour de bon, la vraie aventure commence, ça ne rigole plus, nos crampons encore tout neufs vont désormais s’user sur le bitume Tunisien et Algérien pendant 1800 km environ. Et oui, rouler dans le sable se mérite et pour l’instant nous ne nous rendons même pas compte de cela tant nos yeux s’écarquillent devant toutes ces nouvelles choses et nouveaux paysages que nous découvrons. Continuer la lecture

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