Tour des Alpes – Etape 6/6

Arrivés sur les hauteurs de Bergame au petit matin, on s’arrêtait pour immortaliser le moment avant d’aller prendre un café et des œufs brouillés dans la vieille ville. Sur le belvédère qui surplombe la vallée, on a commencé par rencontrer un mec tout seul et tout paumé. En fait, il s’agissait d’un jeune auto-stoppeur polonais qui faisait du couch-sufring à travers l’Europe. On l’a pris en photo avec son appareil sans retardateur, et on a discuté un peu avec lui avant de partir chacun vers notre destin. Le soir même, un bon barbecue de bienvenue nous attendait chez des potes. Il s’agissait de ne pas trop traîner…

Ce dernier jour fut celui où, contrairement à la veille où on n’avait pas croisé la moindre frontière, on allait jongler avec deux d’entre elles.

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Le programme était clair: surmonter notre penchant naturel pour les détours inutiles et les raccourcis à rallonge pour pouvoir être à l’heure au barbecue auquel nous étions conviés le soir même en Haute-Savoie. Inutile de préciser que la tâche était ardue dans la mesure où entre Camille et moi, y en a rarement un pour rattraper l’autre dès qu’il s’agit de faire n’importe quoi. A plus forte raison quand on est lâchés seuls dans la nature. Mais nous avions confiance et foi en nous-même.


On a donc commencé par rejoindre une première fois la frontière Suisse à Lugano, puis on a contourné le lac Majeur par le nord en passant par Locarno.

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Là, on a cherché un endroit à l’ombre pour casser la graine. On l’a trouvé assez facilement en dépit de l’urbanisme ravageur qui sévit dans cette région de l’Helvétie. Et une fois qu’on l’a trouvé, on y était tellement bien qu’on a eu un peu de mal à en sortir. On était bien, sous ce pont, bercés par le bruit du torrent fougueux de montagne qui coulait à nos pieds. Epuisés mais heureux. Je pense qu’on ne peut pas mieux résumer notre état d’esprit que par ces deux mots. Heureux de rentrer, heureux d’être partis, heureux d’avoir eu froid, d’avoir chaud. Heureux de tout. Un bonheur comme seule la moto peut le procurer.

 

La chaleur étouffante contrastait douloureusement avec la pluie et le froid des premiers jours. « Jamais content, ce con là ! » Pourriez-vous vous exclamer en vomissant des torrents d’injures haineuses à mon encontre. Et vous auriez raison. D’ailleurs, je m’insupporte moi-même. N’empêche qu’il faisait chaud. Et c’est sous la chaleur qu’on a repassé la frontière Italienne quelques heures plus tard, puis re-la frontière Suisse avec le mythique col de Simplon en ligne de mire.

C’est là que, si jamais tu dois choisir une chose à te rappeler dans tout ce merdier, tu dois appuyer sur « record ». Ci-dessous, tu trouveras une carte avec un itinéraire. Garde-le bien de côté, et si un jour tu passes par là, tu le suis à la lettre. Je t’attends en bas avec les chips et le mojito. Tu n’auras plus qu’à me remercier et on sera quittes.

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J’aimerais bien te montrer en images, mais j’en n’ai pas. C’est le genre d’itinéraire où, quand tu l’empruntes, tu penses à rien d’autre que d’ouvrir les gaz en te foutant de tout. C’est étroit et sinueux au départ -dans toute la partie Italienne, en fait- et dès que tu passes en Suisse et que tu attaques le Simplon, c’est des kilomètres de montée, puis de descente (c’est le principe du col, remarque) hyper large, hyper roulante, hyper rapide, avec de larges courbes de malade. Si je devais qualifier le trajet Locarno-Simplon, à part orgasmique, je vois pas ce que je pourrais dire.

C’est donc le rouge au front, la clope au bec et les doigts collants qu’on arrivait à Brig, en Suisse, au pied du col. Un dernier plein et ne nous restait plus qu’à rejoindre Martigny puis Chamonix. Nous étions de retour au bercail.

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Une dernière heure de trajet avant d’arriver au pied d’un barbecue rougeoyant, la tête pleine de souvenirs. Histoire de terminer en beauté avec un dernier coup d’adrénaline, j’ai failli finir dans le décor à 10 kms du terminus à cause d’un chien qui a traversé pile sous mes roues, en pleine ligne droite. J’étais plus très frais, bécane chargée et plein gaz. Autant dire que ça aurait pu mal finir. Mais faut croire que j’ai de bons réflexes (c’est la formule la plus terre à terre que j’ai pu trouver pour faire allusion à ma bonne étoile), et tout s’est bien terminé pour tout le monde. Une bonne frayeur, juste ce qu’il fallait pour me rappeler qu’on n’est vraiment arrivé que quand le contact est coupé et qu’on a tombé le casque.

Une dernière leçon d’humilité avant la prochaine.


 

Road-Trip ,

One Comment, RSS

  1. Phil 20 juin 2017 @ 17 h 58 min

    Merci de partager les belles routes. j’ai une amie à « les houches », la prochaine fois que je m’arrête je file tester l’orgasme routier !

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