Tour des Alpes – Etape 4/6

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Les bonnes surprises au réveil, c’est connu, ça met de bonne humeur. Celle que j’ai faite à ma femme en revenant du parking du gite ce matin là, l’a mise d’aussi bonne humeur que moi. Allez zou, on replie les gaules et on fout le camp pour rouler au soleil, ma p’tite dame ! On a rechargé les XJ sous un soleil radieux de petit matin d’été. Le paysage n’avait plus rien à voir avec celui qu’on avait laissé derrière nous la veille.

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Je crois que pour la première fois, on a sauté l’étape petit dèj. Faut dire qu’après deux jours pourris, on était en manque de sensations, niveau angle-dans-les-virolos. Alors on a tracé, tracé, tracé. Inutile d’essayer d’expliquer à quel point on se sentait revivre. De belles routes de montagne quasiment désertes, sèches, lisses, sans caillasses ni pièges… Rien d’autre à ajouter, vous m’avez tous compris. Comme on n’avait pas trop envie de s’arrêter toutes les cinq minutes pour photographier les splendeurs de la Slovénie offerte à nos yeux avides, on prenait des photos en roulant (Attention les enfants ! N’essayez pas de faire ça chez vous. Ces photos ont été prises par un inconscient professionnel, n’essayez pas de faire pareil).

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Puis, à un moment, on a aperçu une auberge sur le bord de la route. Comme le hasard fait toujours bien les choses, nos estomacs commençaient à bien gargouiller, cachés derrière nos cuirs. Alors on s’est arrêtés, on a demandé si on pouvait manger, on nous a répondu d’accord mais faudra attendre un peu, on a répondu ok on va attendre un peu, et on a attendu un peu. Une heure plus tard, on se tapait un somptueux goulash pure tradition. Fromage blanc maison en dessert, le tout posé sur les cartes routières généreusement étalées sur la table.

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Au menu du jour, en plus du goulash et du fromage blanc, l’Italie et le golfe de Venise. Rassasiés, on a lutté contre l’envie de faire une bonne sieste en sortant de table. On a lutté, mais pas longtemps. Parce qu’une heure à peine plus tard, on tombait sur LE coin qui sert à rien d’autre qu’à faire une sieste. Petit écrin de verdure au bord de la rivière, avec une vue magnifique sur le village médiéval situé plus haut. On ne pouvait rêver mieux. Y avait même un figuier histoire de nous approvisionner en fruits frais cueillis de nos blanches mains.

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On en a bien profité. Et on a eu bien raison. Parce que une fois passée la frontière Italienne, l’orage et la pluie étaient de retour. C’est là qu’on a joué à cache-cache. Parce que oui, c’est possible de jouer à cache-cache avec l’orage. Surtout sur le littoral, quand tu le vois arriver de loin. On a donc commencé par aller au devant de lui, droit vers le golfe de Venise, plus précisément à Grado.

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On a joué les touristes en se dorant un peu la pilule sur la plage bondée, puis on a remis le cap vers l’intérieur des terres. Grado est une péninsule reliée au continent par un long pont. Absolument impossible d’y trouver un endroit pour bivouaquer. Ni là, ni ailleurs sur le littoral, d’ailleurs. C’est très simple, quand tu cherches un bivouac sur une carte standard, faut toujours chercher en priorité les zones où y a plein de vert. Le vert, c’est les forêts. En tout cas les zones agricoles. C’est là que tu dois chercher. Quoi qu’il en soit, en attendant, on a joué avec l’orage, disais-je, en faisant des sauts de puce devant lui. On traçait, on le distançait. On s’arrêtait, on enlevait les combardes. Puis il nous rattrapait, on remettait les combardes le temps de tracer pour le distancer. Vous avez pigé ? C’est marrant comme jeu, hein ? Complètement con, mais marrant. Sauf qu’on s’en lasse vite.

En fin d’après-midi, on s’est retrouvé pris dedans. Heureusement, on était en ville. Je sais plus où. Un nom en -a- ou en -i-, ou en -o-. Un nom Italien, quoi. On a donc passé une heure sous des arcades à boire des cappuccinos dans un bar tenu par des gitans en attendant que ça passe. Et vu que ça passait pas, on s’est remis en route. Parce que planter une tente dans les pavés de la terrasse d’un bar gitan, c’est pas notre style. Le leur non plus, d’ailleurs. Sur ce point, nous étions d’accord.

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Le problème, dans une région très urbanisée comme le Nord de l’Italie, c’est qu’il est difficile de trouver de profondes forêts pour camper. C’est donc à la nuit tombée, après plusieurs tâtonnements dans l’enérvement, la fatigue et sous une pluie battante, qu’on a fini par trouver un petit coin à l’écart, entre champs et routes, pour terminer cette journée. Parce que ça arrive aussi, de galérer. Si c’était toujours fastoche, on s’emmerderait, à la longue. Nous l’ignorions encore, mais nous en avions fini avec la pluie. Les jours restants, c’est sous un soleil de plomb que nous allions les passer.

Road-Trip ,

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  1. Charles 4 juin 2017 @ 22 h 48 min

    Toujours aussi agréable ces CR, d’autant qu’on connait l’auteur (les auteurs) et leur propension à aller chercher la pluie. Encore, et merci pour les photos entre 2 cumulo-nimbus !

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